Trans Musicales, Travelling, Mythos, Route du Rock, Vieilles Charrues, Art Rock… et même le Stade de France. Depuis deux décennies, le rennais Didier Verneuil arpente coulisses et scènes comme régisseur technique.

« Quand t’arrives au fin fond du Mexique et que t’as que trois projos, faut te démerder ! » Souvenir d’une tournée avec la compagnie théâtrale Fiat Lux où Didier Verneuil officiait parallèlement à ses débuts à l’Ubu en 1994. « Un pote éclairagiste m’avait refilé le plan. » Débrouille, réseau, mobilité, adaptation, réactivité…, les qualités du technicien sont posées. Les mêmes qu’aujourd’hui, la professionnalisation en plus. « Finit le système D à l’ancienne. Tu ne peux plus bidouiller. Le matériel est de plus en plus sophistiqué et demande des formations poussées. Avant, un éclairagiste montait régler un projecteur, maintenant on embauche un ingénieur réseau car il y a une prédominance de l’informatique et des signaux. La technique devient une industrie, comme dans le cinéma. »

C’est d’ailleurs vers le 7e Art que Didier Verneuil voulait d’abord se diriger. Après des études scientifiques (Bac D, DEUG de Physique-Chimie), il échoue au concours d’entrée de l’école Louis Lumière, puis devient bénévole au festival Travelling. Assistanat puis remplacement du régisseur général, rencontre avec les techniciens de l’Ubu et du TNB alors que Travelling s’y déroule. Il travaille aussi sur quelques courts-métrages. De films en aiguille, de stages en contrats aidés, Didier Verneuil est embauché à l’Ubu.

Des Trans au Stade de France

Au fil des Trans Musicales, il prend du galon, passant de l’Ubu au Liberté puis à la direction technique du Parc Expo. La Route du Rock, les Vieilles Charrues, Art Rock… font appel à lui. En 2007, il quitte les Trans puis travaille un an au Stade de France. Bienvenue à Madonna ou à U2 et ses 80 semi-remorques ! « A la base c’est le même boulot, mais les moyens sont démesurés. » L’expérience est enrichissante mais les trajets Paris-Bretagne sont compliqués, d’où retour à Rennes en 2009. Avec des collègues régisseurs, il crée la société Four Everything afin de « diversifier les activités : événementiels, prestataire local pour les tourneurs extérieurs… ».

Chargé de l’organisation logistique des concerts (son, lumière, vidéo, effets spéciaux, structures…), Didier Verneuil évolue entre bureau et terrain. Avec beaucoup de négociations car les groupes sont de plus en plus exigeants techniquement (« c’est le live qui les fait vivre ») et le matériel évolue sans cesse. « En 2013, Disclosure jouait à la Route du Rock avec un demi-camion ; cette année aux Charrues ils avaient quatre semi-remorques ! Mon travail consiste à dimensionner les équipes en fonction de ces nouvelles donnes. » Les coûts sont exponentiels chaque année mais les budgets sont tellement serrés qu’il faut parfois faire appel aux bénévoles. « Ou alors les places seront à 150€ par jour comme en Angleterre. Les festivals devraient placarder les chiffres des recettes et des dépenses à l’intention du public ! »

Eric Prévert

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