Entre Yann Tiersen et L’ Aire Libre, c’est une histoire d’éternelles Retrouvailles. Depuis 1995, le plus Rennais des Brestois a en effet semé sur la scène jacquolandine les petits cailloux qui ont fait de lui le Phare de la nouvelle chanson française. Retour sur un Fabuleux destin.

Il y a les fabuleux destins et les histoires simples. Yann Tiersen, si il toucha le tiercé gagnant un jour de 2001, est resté sage comme une image… Poulain. Chez le capitaine Yann, on ne joue pas avec la musique, on ne se la joue pas, on joue. Homme de studio, musicien, parolier, compositeur, cet artiste complexe aux multiples facettes a déjà suffisamment à faire.

« C’est Hervé Bordier (ancien découvreur de talents des TransMusicales, ndlr), qui a découvert Yann, en juin 1995, au cours d’un festival se déroulant dans les bars rennais. » Aujourd’hui membre actif du collectif Au bout du plongeoir, Dominique Chrétien officie alors à L’Aire Libre, où il accueille Yann Tiersen pour lancer la saison 1995-96 de L’Aire Libre. Dès l’année suivante, une première résidence accouche de la partition du « Kid » de Chaplin. « Rue des cascades », « Le Phare », « L’Absente », « Les Retrouvailles »… autant d’albums que Yann Tiersen rodera sur la scène de l’Aire Libre.

Révélé en 1998 par la lumière éclatante du « Phare », le Brestois a depuis emmené beaucoup de monde en balade sur la grève d’Ouessant, au gré de ses mélodies incomparables, magnétiques et mélancoliques, pleines d’embruns et de sentiers douaniers. « Monochrome », la vie de Yann Tiersen ? Pas si sûr.

En attendant, Good bye Lenin ! et hallo Yann. Sûr que l’on se reverra bientôt.

www.yanntiersen.com

JBG

 L’anecdote / Le fabuleux destin de la B.O du Fabuleux destin.

Ce n’était pas prévu. Avant de devenir la bande originale du Fabuleux destin d’Amélie Poulain, la musique composée par Yann Tiersen a eu une première vie, loin de Montmartre et tout près de Rennes : la B.O du film sorti en 2001 ne fait en effet que picorer des morceaux des précédents albums, dont « L’Absente ». À l’origine, une partie de ces titres ont été utilisés pour l’adaptation au théâtre de « Freaks », film noir de Tod Browning, par le Théâtre de la Gâterie, basé à Saint-Grégoire. Comme quoi certaines B.O connaissent de fabuleux destins.

 

Témoignage : Delabrosse à reluire

Avant de devenir Ego le Cachalot, David Delabrosse a d’abord été Bouffé par le crabe, l’un des groupes dans lequel il sévit, au début des années 1990. Le Rennais hésite encore entre ses envies de Bohême et ses études de sciences-po. Il fera sciences potes et rencontrera Yann, qui produira et arrangera son premier album sorti en 2005 : 13m2 , soit la taille de son studio.

 

Culte

Les privilégiés présents dans la salle Colette Serreau du TNB, le 2 décembre 1998, s’en souviennent encore : Bernard Lenoir a délocalisé ses fameuses « Black Session » et donné carte blanche à Yann Tiersen, le plus Rennais des Brestois. Bertrand Cantat y livrera notamment une version crépusculaire et presque nue de « À ton étoile », Dominique A chantera un « Monochrome » plus mélancolique que jamais, et les Têtes raides une « Ginette » de toute première jeunesse.

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