Cinq années les séparent, pourtant Léa et Alexis ont bien des points communs : leur origine – Servon-sur-Vilaine – et une passion, la musique, qui transpire de L’Ekcorché et de Flou, leurs associations respectives.

À peine vieille d’un an, l’association L’Ekcorché s’est lancée comme défi de « promouvoir la culture », et en toile de fond, le rock sous toutes ses coutures. Portés par la maison des jeunes de Cesson-Sévigné et de Servon-sur-Vilaine, ce groupe de passionnés a pu organiser évènements et concerts dans, et autour, de l’agglomération Rennaise.

Les assos sortent la boîte à paf

Pour trouver les groupes, rien de plus simple. Des amis musiciens se laissent prendre au jeu et, pierre qui roule amassant la mousse, de nouvelles formations sollicitent l’association pour être programmés. “On met un point d’honneur à ce que les groupes soient payés, et ce malgré nos faibles revenus”, pose Léa, vice-présidente de l’Ekcorché. “On fait tourner la boîte à paf (ndlr : cagnotte où les gens peuvent donner pour le groupe), et ça marche pas mal !”
Les concerts ont souvent lieu dans des bars et le public touché est très divers : “On essaye de viser les plus jeunes, pour leur faire redécouvrir le rock”.

Les Patates Carnivores, concert au bar Le Comptoir à Châteaubourg

La vie associative a fait changer ses plans à Léa, qui pense désormais orienter ses études vers ce nouvel univers, découvert au détour d’une passion très formatrice.

Flou, la tempête électro

La vision d’Alexis, président de Flou, est tout aussi nette : l’univers associatif fait partie intégrante de sa vie. Issus d’horizons universitaires complémentaires (communication, comptabilité, évènementiel, etc), les membres de l’association ont tous un rôle à jouer : “Flou, c’est une complémentarité”. Dans l’association, un mot d’ordre: la franchise. Les membres se disent tout, pour éviter les mauvaises surprises, si bien qu’ils s’en sont fait un surnom : la “Flou Family”.
Au départ c’était juste l’histoire d’amis d’enfance. L’idée leur est venue en trainant à la MJC de Servon-sur-Vilaine : “pourquoi ne pas ramener chez nous les soirées que l’on trouve à Rennes ?” De fil en aiguille, Flou s’est fait un nom chez les programmateurs d’électro rennaise et leurs soirées “Storm” attirent toujours plus de monde.

L’association est là pour promouvoir la “culture musicale électronique”, par des prestations auditives, mais aussi visuelles (création de décors, prestation scénique). Enfin, les membres de Flou sont aussi des artistes, à l’image d’Alexis aka Brender, qui mixe de la house et du funk. Mais si elle se produit elle-même, l’association n’oublie pas de mélanger la scène locale avec des artistes renommés, comme par exemple Yan Cook.

Amentia, Storm N°2

“Ce qu’il y a de bien avec Rennes, c’est que les gens sont curieux

L’Ekcorché et Flou l’affirment à l’unisson : peu importe l’événement créé, et peu importe l’âge, le public sera toujours au rendez-vous. “Rennes a toujours eu cette réputation de ville rock”. Et la relève des programmateurs de saluer cette “ancienne jeunesse” qui continue encore aujourd’hui à bien envoyer sur scène ; mais ils préviennent, un sourire aux lèvres : “la nouvelle se bouge bien”.
Échos de la nouvelle scène musicale rennaise, les deux associations renvoient également au boum associatif de leur petit bourg, à l’image de G2C, organisatrice du Emgav festival.

Emgav festival, par l’association G2C

L’Ekcorché et Flou restent très récents, mais espèrent déjà inspirer les générations futures. “Voir des associations se développer sur Servon-sur-Vilaine, c’est envoyer un message : c’est possible, tout le monde peut le faire.”
Grâce à ses évènements, ces jeunes gens très modernes ont amené Servon-sur-Vilaine à Rennes. Prochain objectif ? Ramener Rennes à Servon-sur-Vilaine !

Quentin Aubrée

Pour suivre les deux associations :

Ekcorché ; prochain évenement le 16 juin ici sur facebook

Flou ; prochain événement le 21 juin pour la fête de la musique ici sur facebook

Fidèle à ses bonnes habitudes, le festival Big Love pose ses platines dans le centre ville de Rennes, dont il investit les lieux les plus insolites pendant trois jours. L’occasion, pour les amateurs, de se mettre à l’aise avec le meilleur de la house.

« Our house, in the middle of the street ! » Pour paraphraser Madness, le célèbre groupe ska british, la house music sera au milieu des rues de Rennes pendant un long weekend, à l’occasion de la 3e édition de Big Love. Dans les rues du centre ville, mais aussi dans ses parcs et bien sûr, aussi, sur scène.
« Le mode d’emploi de Big love est toujours le même, pose Luc Donnard, première pince de l’association Crab Cake corporation. L’idée est de proposer un parcours de découverte : de la musique bien sûr, mais aussi de la ville. » En toile de fond : l’envie de créer des affinités électro avec de nouveaux publics. « Un festival, ce n’est pas forcément une grosse teuf pour les 18-25 ans. » Pour joindre le geste à la parole, Big love réfléchit avec l’office de tourisme Destination Rennes à un « weekend global de découverte » invitant à suivre également d’autres sillons que ceux des platines de DJ.

Franche Touche

L’ouverture du festival ne se fera pas en fanfare, mais en symphonie : « quelques musiciens de l’Orchestre de Bretagne épaulés par un DJ vont reprendre des standards de la musique électro des 1990’s, dans la cour de l’Institut Franco-Américain. » Au menu : Aphex Twin, Pantha du Prince, Rone, et Frankie Knuckles. « Pour l’anecdote, le terme « house » vient de Frankie Knuckles, à l’époque où il était DJ au Warehouse, le club qu’il a lui-même créé à Chicago. » La transition du vendredi au samedi sera longue à l’Ubu, ou Fort Romeau et la mascotte de Big Love Job Jobse oseront la house jusqu’au bout de la nuit.

Job Jobse

Faute de pouvoir disposer de la salle de la Cité, la « grosse soirée » du samedi aura lieu dans un lieu pour l’heure tenu secret. Les grosses pointures ? Le Lusitanien Trikk et ses sons tribaux ; l’Anglais Midland et ses grands écarts entre disco et techno ; le collectif cold Honey sound system… L’après-midi aura auparavant vu deux DJ allemands arroser le dance floor du côté du jardin de la Confluence.

Midland

Le final aura enfin lieu square de la Touche, où s’invitera également le Marché à manger, avec 8 chefs derrière le piano à maître queux. L’occasion de déguster un DJeuner en compagnie de la Rennaise Gigsta et du Suédois Mister Top Hat. Pour le dessert ? Le vieux de la vieille Superpitcher et son set « hyppie dance » généreusement étalé sur quatre heures. La morale de l’histoire : Big (love) is beautiful.

 

Big Love #3, les 9, 10 et 11 juin, Institut Franco-Américain, Ubu, Jardin de la confluence… www.biglove.fr ; www.crabcakecorporation.com ; @crabcakecorpfr ; @biglovebyccc

Jean-Baptiste Gandon

COMING FROM THE COLD

 Révélé par un concert d’anthologie aux TransMusicales 2015, City Kay souffle le chaud sur le renouveau reggae. À l’origine d’un style dub et urbain, les six membres du groupe se sont affranchis de l’iconographie rasta mais ne sont pas des renégats du reggae pour autant. Balançant entre Londres et Rennes et oscillant entre électro et dub, la musique du sextet puise sa force aux sources du dub poetry de LKJ, aux roots de Burning spear, au rock de Sly and Robbie et aux harmonies vocales des Wailers. Le résultat nous laisse baba : le groove est sec et lourd, les harmonies vocales hors norme… Emmené par le chanteur-toaster Jay Ree, le groupe fondé par Jay Pharoah (également frontman du groupe Zenzile) a déjà partagé la scène avec Lee Scratch Perry ou Capleton. Il se prévaut également déjà de quatre albums (« New Times », « Preoccupations », « Travelling South Africa » et « Daystar »). Pour City Kay, la nuit des étoiles filantes a donc eu lieu en plein mois de décembre, une nuit de Trans’. Entre le reggae des villes et le reggae des champs de weed, votre cœur balance ? Rastafa… Rennes !

www.citykaymusic.com

L’ORCHESTRE SYMPHONIQUE FAIT SES GA(M)MES

Quand les rois de l’archer rencontrent les virtuoses du joystick, cela débouche sur Vidéo Live Games, un concept de concert développé par Tommy Tallarico. Le compositeur le plus prolifique de B.O de jeux vidéos, était présent fin novembre 2016 pour la grande occasion.

Le thème de « Pac-Man », c’est lui. Les ritournelles de « Zelda » et de « Mario », aussi… C’est simple, Tommy Tallarico est chaque jour présent dans des millions de salons, aux quatre coins du monde. Le compositeur fou a signé pas moins de 300 titres de jeux vidéo, avec cinquante récompenses à la clé.

 

Tragédie geek

Fin novembre, au Liberté, il était présent en chair et en os, mais aussi en pixels et en décibels, à l’occasion de la première édition du concert OSL #1, proposé par l’Orchestre Symphonique de Bretagne en partenariat avec l’association rennaise hyper-active, 3Hit Combo.

Le guitariste Tommy Tallarico, les musiciens de l’OSB et un chœur ont repris à l’unisson les célèbres bandes sons qui accompagnèrent et accompagnent encore nos épopées héroïco-ludiques : les chevauchées épiques de Final fantasy ; les cavales gloutonnes de Pac-Man ; les batailles sanglantes de Metal Gear Solide ; les glissades acrobatiques de Tony Hawks…

Quand la grande musique rencontre l’art vidéo ludique, cela donne un concert alliant l’énergie du rock à la puissance lyrique d’un orchestre symphonique, l’interactivité et le divertissement en prime.

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TRENTE SIX CHANTS D’ELLES

Passionné par les voix de femmes, Alain Surrans l’est au point d’animer une émission de radio – les Porte-Voix – sur France Bleue Armorique. Au point également de leur consacrer chaque année un cycle à l’opéra de Rennes.

Ce sont des femmes du monde, mais pas un monde aseptisé, globalisé et uniformisé. Non, un monde dans toutes ses spécificités et dans toutes ses langues. Bref, dans toute sa différence.

Des voix de femmes, le directeur de l’opéra de Rennes Alain Surrans en est fan au point de leur consacrer chaque saison une programmation spécifique intitulée « Divas du monde ». Chez lui, la corde sensible est donc vocale et féminine.

En 2015, les mélomanes ont pu vibrer en découvrant des wonder women venues des quatre vents : l’Espagnole Béatrice Uria-Monzon ; le chant soufi des femmes de Mayotte ; la Grècque Katerina Papadopoulou…

 

www.opera-rennes.com

 

Vent d’ouest

Voici trois groupes caractéristiques du « laboratoire rennais » qui nous font régulièrement danser depuis quelques mois. D’abord Nâtah, un groupe de musique résolument actuelle, même si ses membres sont au service de la musique bretonne à danser et de ses codes. Nâtah, c’est en effet une ouverture sur le jazz-rock, concrétisée par la création d’une section cuivre. Ce Nâtah Big Band a donné ses premiers concerts à Jazz à l’ouest et à Yaouank, sur la grande scène en fin de soirée. « Dans la version big band, nous sommes seize, tous amis, Rennais, entre vingt et trente ans » explique Clément Dallot, musicien. Autre groupe, Dawa Combo, qui comporte des musiciens communs avec le précédent mais qui se situe sur une esthétique plus funk, plus électrique. En 2015, ils sont passés à Yaouank et leur popularité s’étend. Enfin, Castor et Pollux une petite fanfare de rue qui mêle déambulation et spontanéité, classiques du répertoire traditionnel et compositions.  Bien entendu, ses membres sont sensibles à d’autres esthétiques. Ainsi Glenn Jégou résume bien la situation : « La force des musiciens rennais c’est d’avoir les pieds bien ancrés en Bretagne et la tête qui va du nord au sud et de l’est à l’ouest ! »

Didier Teste

DT

 

Skeudenn Bro Roazhon est une entente culturelle, un collectif, fondé en 1976. Son objectif est de promouvoir, valoriser et transmettre la culture bretonne sous toutes ses formes. « Nous voulons faire vivre la culture du 21ème siècle et la danse, la musique sont des vecteurs importants de notre identité. » annonce Glenn Jégou, directeur de Skeudenn. Elle rassemble 56 associations, plus de 4 000 adhérents et organise aussi Yaouank, le plus grand fest-noz de Bretagne, les Mercredis du Thabor, la Fête de la Bretagne, la Semaine du breton et du gallo… « Nous sommes l’interlocuteur des collectivités, structures, associations pour la culture bretonne à Rennes et nous favorisons les connections, les passerelles.» Elle accompagne aussi les fest-noz étudiants. Une structure  incontournable de la culture rennaise.

Skeudenn Bro Roazhon, 8 rue Hoche Rennes. Tel : 02 99 30 06 87

 

 

Agenda (non exhaustif) de la musique et danse bretonne sur la métropole.

 

Février 

Fest-noz Supélec

 

Mars 

Sevenadur : semaine de rencontres autour de la culture bretonne

Fest-noz de l’Agro

Fest’n Breizh

 

Mai

Fête de la Bretagne : Festival de toute la culture bretonne

Fest-noz Rock’n Solex 

 

Juillet

Les Mercredis du Thabor 

Fest-deiz de Transat en ville et/ ou des Tombées de la Nuit

 

Septembre 

Festival Mil Goul

 

Novembre 

Festival Yaouank

 

sans oublier les concerts donnés régulièrement aux Champs Libres

 

 

 

Aux frontières de la musique et du cinéma

Depuis 2003, Label Caravan accompagne la création de ciné-concerts à destination du jeune public. « Nous avons été parmi les pionniers », précise Valérie Tabone, chargée de communication. « Nous accompagnons les projets avec lesquels nous nous sentons en accord ». Car au-delà de la création, assurer la diffusion et la pérennité des spectacles exige de tisser des liens de confiance avec les salles, les programmateurs. Un travail de fourmi qui porte ses fruits. Ainsi « La petite taupe » créée par Ollivier Leroy en 2007 part découvrir la Chine. Dans le domaine du ciné-concert, les artistes voyagent aussi entre le monde de l’enfance et celui des adultes. Ainsi de Éric Philippon et Pierre Payan, deux des trois membres fondateurs de La Tordue. Avec « Toimoinous », qui sort en novembre, ils en sont à leur 3e ciné-concert. « Je suis heureux de travailler avec les gosses. Ils ont une écoute et une imagination beaucoup plus grandes que celles des adultes… », s’enthousiasme Pierre Payan. Les deux artistes ont un univers bien à eux, mélange de poésie et de bric-à-brac musical, qui touche les enfants comme les adultes. « On peut aller très loin avec les enfants. On s’adresse à eux d’égal à égal… Et on apprend beaucoup d’eux. »
Monique Guéguen

LA RÉVÉLATION RAVELOMANANTSOA

Brillant comme le cuivre de son saxophone ténor, Maxence Ravelomanantsoa a déjà conquis l’Europe. La révolution est en marche, une autre manière de dire que ce Maxence-là assure à max.

Ravelomanantsoa… Prédestiné, son nom sonne comme un rêve improvisé, un soir de jam session orageuse.

Chacun des concerts du saxophoniste ténor est en effet un petit coup de tonnerre. À Rennes, de dernier pleut depuis longtemps, à la Ferme de la Harpe, lors du festival Jazz à l’ouest ou encore en tant que révélation du programme Fresh sound, proposé par le festival Jazz à l’étage.

Brillant, affûté, véloce et virtuose, Maxence Ravelomanantsoa envoyait déjà des invitations au rêve musical, qu’il ne savait pas encore marcher. Pour l’anecdote, le Rennais de 27 ans chantait « So What » de Miles Davis, a  l’âge de 2 ans. Comme sa paire Laura Perrudin, le musicien est passé entre les mains de Jean-Philippe Lavergne, au conservatoire de Saint-Brieuc. Comme elle aussi, il a marqué les esprits lors de l’incontournable concours national de jazz de la Défense.

Son talent est déjà gravé dans la cire des vinyles : au sein du PJ5 ; avec Ricky Ford & The Big band ; ou encore de TWNSHP, ce groupe aux allures de fautes de frappe. Last but not least, Maxence donne actuellement les dernières touches musicales à son premier album solo.

So what ?, demanderont les septiques. Et alors, ce garçon-là a de l’or dans les doigts.

Maxenceravelomanantsoa.com                        

 

À L’OUEST, DU RENOUVEAU

Les premières notes d’ « Autumn leaves » retentissent dans l’atmosphère. Sont-ce les touches d’ivoire d’Horace Silver ou d’Ahmad Jamal, qui brillent sous la lune argentée ? Ou bien la voix lactée de Franck Sinatra ? La trompette renommée de Miles Davis, alors ? Le sax cuivré de Cannonball Aderley ou l’une des centaines de reprises du célèbre morceau de Kosma ?

Peu importe, ce qui compte, c’est que nous sommes au mois de novembre, et que les Feuilles d’automne se ramassent effectivement à la pelle du côté de la MJC Bréquigny. Né il y a 27 ans, le festival a largement atteint l’âge de faire résonner le jazz tous azimuts.

Pour reprendre la programmation de l’édition 2016, nous trouvons notamment dans le grand melting-pot bop : du funk (Out of Nola), du groove (Dr Lonnie Smith), du hip-hop afro-jazz (Tribeqa), de l’Ethiopian fusion (Arat kilo), du blues (Hugh Coltman) et bien sûr, du jazz (Bojan Z & Amira). Une autre manière de dire que si le festival est complètement à l’Ouest, il n’oublie pas non plus les autres directions indiquées par la rose des vents, des cuivres et autres instruments du jazz.

www.jazzalouest.com

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UN BŒUF ÉLEVÉ À LA FERME

On y souffle dans les cornes du jazz depuis presque 30 ans, autant dire que le bœuf du jeudi soir est devenu une institution, du côté de la ferme de la Harpe. Le constat est que le petit événement fait toujours autant de bruit.

Un bœuf ? Oui, un entre-potes bien swinguant ! Dans la langue du jazz, « taper le bœuf » ne signifie pas jouer du bugle mais se réunir entre amis musiciens pour improviser une mélodie sur un début de grille. À la ferme de la Harpe, depuis presque trente ans, les amateurs ont le choix du morceau. Ils n’hésitent pas à taper la bavette entre instruments, et le bœuf y est arrangé à toutes les modes, be-bop ou bossa.

Proposé par des résistants de l’éducation populaire totalement accros au « jazz qui se partage », l’événement du jeudi est bien sûr gratuit et totalement free. Une playlist est postée sur le site de l’association 3regards, histoire d’accorder les violons des musiciens. Mais pour le reste, il suffit simplement d’être un pro de l’impro, même quant on est amateur.

Créé dix ans après les jams hebdomadaires, le festival la Harpe en jazz n’a jamais oublié ses racines festives et conviviales. Le public le lui rend bien, qu’il soit esthète en la matière ou profane, seul ou en famille.

À la Ferme de la Harpe, même si le plaisir dure parfois jusqu’au bout de la nuit, à un moment, il faut filer !

www.3regards.com

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FREE AS THE BIRD

Programmeur des TransMusicales et des concerts ATM de l’Ubu, Jean-Louis Brossard est plus connu comme un enfant du rock que comme un amateur de jazz. Ainsi, si le découvreur de talents rime avec Nirvana ou Yargo, son idole absolue se nomme pourtant Albert Ayler, l’un des papes du free jazz.

 

 

 

LE RED BULL CARBURE AU DJ MARRRTIN

Depuis « De la dérive », sorti sous le nom de Dirty Dezer en 2002, DJ Marrrtin a fait un sacré bout de chemin. Pas de traversée du désert au programme mais un oasis de créations : le « crate-digger » a notamment mis au point le concept des fameuses soirées Stereophonk et Aerosoul, signé des pépites avec Funky Bijou… Grand maître de mixage dans les battles de breakdance ou de fameuses soirées, Dirty Dezer agit également dans l’ombre des signatures rap du label Junkadelic… DJ Marrrtin a écumé le monde (TransMusicales de Rennes, 24 Heures du Mans, Nordik Impakt à Caen, Blue Frog à Mumbaï…) Éminence soul funk reconnue par ses pairs, fabuleux party rockeur de l’hexagone, DJ Marrrtin reste pourtant l’un des secrets les mieux gardés de l’underground français. Sa nouvelle casquette de DJ résident des championnats de breakdance Red Bull BC One dopera-t-elle sa carrière ? Nul n’est prophète en son pays, mais une chose est sûre : le B-Boy donne un sacré coup de fouet à l’un des plus célèbres battles de la planète soul… En attendant, le DJ le plus funky du grand ouest vous salue bien.

À écouter : DJ Marrrtin – A bunch of funk – Red Bull BC One (Stereophonk)

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UN GRAND KENYON À RENNES 

Si la réputation musicale de Rennes s’est forgée comme « cité rock », c’est dans ses marges qu’il faut chercher pour trouver les artistes les plus « bankables ». Avec Kenyon comme ambassadeur, le rap rennais touche littéralement les cimes de la rime. À 20 balais et des poussières, le jeune MC époustoufle déjà la planète hip-hop.

Sa marque de fabrique : un rap très technique ; un sens aigu de la synthèse entre nu-soul, hip-hop et reggae/dancehall ; une voix surfant sur les différents styles de flow ; une maîtrise incontestable de l’impro et du fast-style…

Ses influences : les classiques U.S East coast, l’âge d’or du rap français, la vague new jack/R’n’B, et le ndombolo.

Découvert par Soprano, Kenyon en a même profité pour remixer « Crazy », un titre de la star du rap made in France. Complètement folle, en effet, la trajectoire du MC. Quand il n’assure pas la 1ère partie de groupes prestigieux (Sexion d’assaut, Busta Rhymes, Neg Marrons, Toots and the Maytals…), quand il ne remporte pas des concours (End of the weak, Buzz Booster, Crazy…), il compose des albums (« Soul revolt » en 2011, « L’Étude de K » en 2012…).

Son dernier e.p intitulé « Choix des armes » est sorti en 2015 et la pépite hip-hop rennaise annonce un nouvel opus pour cet automne. À propos d’armes, Kenyon a fait les siens au sein de Legal shot, sound system rennais faisant référence dans l’hexagone. Une chose est sûre, ce Kenyon là est plein de reliefs.

Kenyon est sur youtube, facebook…

kenyon

En ville, des festivals 

LE HIP-HOP DÉTONNE AUX QUARTIERS D’ÉTÉ

Quartiers sensibles, étés sans sable… On est loin de l’univers des cités avec ces incontournables Quartiers d’été. Dédiés aux cultures urbaines, le festival porté par le CRIJ Bretagne et plus de 200 jeunes a déjà vu passer du beau monde dans la verdure du parc des Gayeulles. Suprême groupe de rap, NTM y a notamment chanté « Ma Benz », et Ärsenik a pu faire une piqure de rappel de son talent au public lors de la dernière édition. En 2012, 21 000 personnes ont été s’égayer dans la nature des Gayeulles, en plein mois de juillet.

www.crij-bretagne.com/quartiersdete ; facebook…      

 

LE FUNK PREND LES RENNES 

Le rituel est incontournable, aussi précis qu’un mécanisme d’horlogerie suisse, réglé comme du papier à musique : depuis 2012, grâce à la compagnie Engrenage, la culture funk et hip hop prend Rennes d’assaut, pour le plus grand bonheur des nombreux amateurs des modes d’expression urbaine (musique, danse, etc) avec, toujours, l’éducation populaire en ligne de mire. À titre d’exemple, l’édition 2015 mettait notamment à l’honneur la musique Afrobeat (Seun Kuti & The Egypt 80) et les Brass bands de la Nouvelle Orleans (Michelle Gibson, etc). De quoi rendre le funk encore plus hip-hopulaire !

www.compagnieengrenage.fr/festival-le-funk-prend-les-rennes

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L’AUBAINE URBAINES 

Musique, danses, street golf, parkour, graffiti numérique… Depuis 2010, l’Antipode MJC et les rencontres Urbaines braquent les projecteurs sur ces pratiques en pleine éclosion. Côté son, l’édition 2016 invitait notamment à un atelier chorale beatbox, ou encore à un parcours organisé avec les étudiants en musiques actuelles du Pont Supérieur. Au programme, également, des concerts de Bukatribe, Demi Portion, A2H, Simba, Enerku, Anthony Parasole, Théo Muller…

www.urbaines.fr

 

Associations de bons fêtards 

STEREOPHONK

Depuis une dizaine d’années, le crew et label rennais proclame le droit de groove et passe régulièrement à l’acte pour de mythiques soirées. Dans les rangs de cette association de bons fêtards funk, soul, hip-hop : Funky Bijou, Deheb, Ajax Tow, DJ Marrrtin, Gop, Motwo…

Stereophonk est sur youtube, facebook, bandcamp, soundclouds…

 

Stand High Patrol

DU BON, DU BON, DU BON DUB

Les Rennais fans de reggae et de ses musiques cousines ont forcément été, un jour ou plutôt une nuit, rattrapés par la patrouille de Stand High. Stand High Patrol, ce sont trois « Dubadub Musketeerz » pour vous servir : les fondateurs Rootystep et Mac Gyver, suivis de près par Pupajim, MC, chanteur et compositeur officiel du groupe. Des bars de Rennes aux productions dub stepper anglaises, le sound system a pris la bonne habitude de bousculer les conventions depuis le début des années 2000. À l’image de leur dernier album, « A matter of scale », ce peuple-là est toujours vert.

www.standhighpatrol.com

 

La compil’ ultime

LES ROIS DU RAP RENNAIS SONT DANS RAIN CITY

On aurait pu parler de Brest of hip-hop mais c’est à Rennes que l’on se trouve. Dans l’arène d’une compilation même, dans laquelle se démènent les fauves pris par la fièvre du rap. Parue en 2012, cette anthologie rennaise pilotée par un Mekah en mécano de la générale, réunissait notamment Micronologie, Kenyon, Simba, Doc Brown, soient une quarantaine d’orfèvres au total. Si Rennes est une ville rock, électro, le rap sait aussi régulièrement se rap… peler à son bon souvenir.

 

UN PLATTERS À RENNES ! 

On vous parle ici d’un temps que les gens de vingt, trente, quarante, voir cinquante ans, ne peuvent pas connaître, The platters ayant connu leur âge d’or dans les années 1950-60. Et pourtant, qui n’a pas dansé le slow sur « Only you » ou « The great pretenders » ? Benjamin de ce groupe de doo-wop légendaire, Maurey Richards peut malgré tout dire « j’en étais ». Originaire de Chicago, il rejoint le groupe dans les années 1980 pour un bail d’une dizaine d’années. Aujourd’hui entre Rennes et Londres, le chanteur américain est régulièrement remarqué aux côtés de Ze Big band, des rennais grave énervés emmenés par Fred Burgazzi, de Ricky Ford ou encore de Sweet Scream’in Jones.

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On ne compte plus les chorales à Rennes et dans l’agglomération. Pour les fêtes de fin d’année de 2004, elles sont invitées à se produire à tour de rôle, le plus souvent a cappella, sur la scène installée devant l’hôtel de ville. Une initiative de TV Rennes et du Carré Rennais. Succès garanti auprès des passants qui s’arrêtent pour écouter gospel, chansons populaires ou répertoire choral. @TVR/2004